Les logiciels libres, conférence du 13/03/2003 - Paris II

Compte-rendu de conférence,

Voilà. Beaucoup de choses intéressantes ont été dites; il y a matière à débat, malheureusement, le temps était un peu court, et plus malheureusement, les bonnes objections apparaissent trop tard... :-)

N'hésitez pas à relever des erreurs au cas où [mes commentaires sont entre crochets], mes notes ont été sporadiques.


L'ADMI (Association du DESS Droit du Multimédia et de l'Informatique de l'Université Paris II Panthéon - Assas) organise le jeudi 13 mars 2003 une conférence sur ce thème.

Programme :
  1. Les licences de logiciels libres, par Me Valérie Sédallian, Avocat au Barreau de Paris

  2. La brevetabilité des logiciels menace-t-elle le logiciel libre ?, par M. Christophe Caron, Professeur à la Faculté de droit de Paris XII

  3. Projets de "sécurisation" informatique et mesures techniques de protection : quel impact pour le logiciel libre ? par M. Xavier Linant de Bellefonds, Professeur à la Faculté de droit de Paris XII, Expert en informatique près la Cour d'appel de Paris, Président d'honneur - fondateur de l'AFDIT).

  4. Quelques aspects économiques et juridiques du logiciel libre par M. Bernard Lang, Directeur de Recherche à l'INRIA, Vice-Président de l'AFUL.


Les licences de logiciels libres

(Me Valérie Sédallian)
  1. Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?
    Deux définitions : celle de la FSF (4 libertés), celle de l'OSI (9 critères).
    Distinctions avec shareware, freeware, logiciel sans licence attachée, etc.

  2. Une licence libre est-elle valable au regard du droit français ?
    Différence d'avec le domaine public.
    Avec le droit d'auteur, tout ce qui n'est pas explicitement autorisé est interdit.
    Les droits moraux, déjà diminués en matière de logiciel, sont bien respectés (divulgation, paternité).
    Les droits patrimoniaux également : « le CPI n'interdit pas d'autoriser ».
    En outre, le formalisme que réclame le CPI (art. L141.3 sur l'étendue et la durée de la cession des droits) n'est pas nécessaire, car il ne s'agit pas de cession, mais d'autorisation d'usages (cf. le travail de Mélanie Clément-Fontaine).

  3. Diversité des licences, sur 4 niveaux : Cette diversité implique une étude approfondie, toujours au cas par cas.
Questions :

La brevetabilité des logiciels menace-t-elle le logiciel libre ?

(M. Christophe Caron) Bref, la situation n'est pas saine, globalement. De toutes façons, l'usage d'un brevet sur un logiciel devrait et doit être rare. Questions :

Projets de « sécurisation » informatique et mesures techniques de protection : quel impact pour le logiciel libre ?

(M. Xavier Linant de Bellefonds)

Intervention de M. Bernard Lang pour renchérir, parler notamment de la directive européenne sur le droit d'auteur (le DMCA et l'EUCD descendent en droite ligne d'un traité de l'OMPI de 1996), et les problèmes qu'elles impliquent sur les oeuvres, les formats et les outils de lecture de ces formats. Allusion au cas DeCSS pour les DVD. Discours large, détaillé, engagé.


Quelques aspects économiques et juridiques du logiciel libre

(M. Bernard Lang)

Commentaire de fin

(M. Jérome Huet)
  1. Dans cette question, une nécessité d'ouverture, et de respect de la légalité, tous azimuths ; principe de l'égalité : respect des normes existantes et à créer.
  2. La décompilation, suite à une grande bataille (1990-91) est justifiée par la loi (en Europe), pour permettre notamment l'interopérabilité. Les clauses l'interdisant sont donc nulles.
  3. Que l'Office Européen des Brevets flirte avec la limite de la légalité en acceptant certains brevets logiciels est totalement anormal, inacceptable. Se reposer sur ce fait pour justifier le besoin d'un brevet est aberrant et scandaleux [discours très ... emporté].
  4. Pourquoi cette conférence sur le logiciel libre ?
    Le monde de l'informatique est un monde d'oppresseurs et d'opprimés, d'éditeurs et d'utilisateurs. De trop nombreux monopoles, à travers le monde (US, Japon, Europe) sont constitués, et ne sont pas sanctionnés ; les perdants sont les utilisateurs. Le logiciel libre est une porte de sortie [pas forcément en tant que tel, mais comme un modèle].
Questions :